Histoire

Evolution de la population

Le recensement est une opération statistique de dénombrement d’une population.
Le mot vient du latin recenserequi signifie compter, évaluer les éléments d’une valeur nombrable.

 

Alors que 80 % de la population française vivait dans des communes rurales de moins de 2 000 habitants entre 1860 et 1870, la population des communes rurales ne s’élevait plus qu’à 24 % de la population totale en 1999.

Au début des années 1970, la désertification des campagnes semble un phénomène inéluctable. Pourtant de 1975 à 1982, un mouvement inverse de migrations résidentielles vers les espaces ruraux s’amorce : il touche les communes rurales situées à proximité d’aires urbaines en croissance, qui bénéficient alors de la périurbanisation des ménages et des activités.

Les évolutions depuis 1999  confirment le retournement de tendance par rapport à la période d’exode rural : le taux de croissance de la population dans les communes rurales est désormais supérieur à celui des communes urbaines. La croissance se porte désormais dans des zones proches des limites extérieures des aires urbaines, mais se renforce aussi dans les espaces ruraux éloignés. Ainsi, c’est désormais « au sein des communes rurales de l’Espace à Dominante Urbaine que se porte aujourd’hui la croissance démographique, là où l’on se trouve à la fois dans un cadre de vie rural et dans la zone d’attraction d’un ou plusieurs pôles urbains ». Extrait Nouvelles ruralités

Le recensement de la population dans l’Histoire

Une pratique issue de l’Antiquité

Le recensement de la population est organisé périodiquement dans toutes les sociétés modernes. Cependant, cette pratique n’est pas nouvelle. Elle est même l’une des opérations statistiques les plus anciennes de l’histoire, ce qui prouve que le recensement est indispensable à toute vie sociale organisée. Le mot statistique tire d’ailleurs son origine du mot latin statisticus, “relatif à l’Etat”. Bien sûr, le nombre et la nature des questions posées, le champ couvert et les buts visés ont beaucoup évolué.

Il y a des millénaires, les premières grandes civilisations dont nous avons connaissance pratiquaient des dénombrements de leur population. Ainsi de Sumer aux IVe et IIIe millénaires, de l’Égypte (1ère dynastie) vers 2750 av. J.-C., de la Chine dès 2238 av. J.-C., de l’Inde au IVe siècle avant notre ère, notamment pour des raisons fiscales ou militaires. Plusieurs recensements sont mentionnés par l’Ancien Testament. Le Livre des Nombres rapporte le dénombrement, effectué par Moïse et Aaron, de tous les mâles d’Israël de 20 ans ou plus “aptes à faire campagne”, recensés par clan et par famille. On en compta 603 550. La pratique est bien avérée à Athènes (recensement organisé par Périclès en 444 av. J.-C.) et surtout à Rome dès le VIe siècle av. J.-C. : le deuxième dénombrement de l’Empire romain, ordonné par Auguste, est resté célèbre pour avoir été contemporain de la naissance de Jésus-Christ (loin de chez lui puisque chaque famille devait, alors, se faire dénombrer dans sa ville d’origine). On sait aussi qu’au Pérou, au XIVe siècle, les Incas procédaient à des recensements.

En France, de « l’état des feux » aux recensements modernes

En France, la pratique des dénombrements semble avoir été ignorée lors de l’époque médiévale, hormis quelques opérations ponctuelles comme « l’inventaire » de tous les sujets de l’Empire âgés de plus de douze ans décidé par Charlemagne en 786. Certains actes religieux (baptêmes, mariages, décès) firent souvent l’objet de relevés. On trouve encore dans certaines paroisses des “livres de baptêmes, mariages, décès” remontant à des périodes très anciennes.

Le premier document relatif au dénombrement de la population d’une partie du territoire remonte au règne de Saint Louis (1226-1270). Il semble que la France comptait environ 10 millions d’habitants vers la fin du 13e siècle. C’est à cette époque que “Le Pouillé du Diocèse de Rouen” s’applique à quelque 1 400 églises et chapelles d’une trentaine de doyennés de Normandie.

En 1328, Philippe VI de Valois demande un «état des paroisses et feux de bailliages et sénéchaussées de France». Dans les 24 150 paroisses alors recensées, on a dénombré 2 411 149 feux (on dirait aujourd’hui ménages). Si on tient compte des paroisses omises dans cette opération, dont les historiens estiment le nombre à 7 500, la population à cette époque, dans les frontières actuelles de la France, aurait été d’environ 19 millions d’habitants.

Mieux connaître la population devient, par la suite, une préoccupation croissante. En relation avec cette préoccupation du pouvoir, l’enregistrement des naissances, mariages et décès fut rendu obligatoire par François Ier, qui prescrivit aux curés de tenir registre des baptêmes sous le contrôle de l’administration royale (Edit de Villers-Cotterêts du 10 août 1539, articles 51 et suivants). L’ordonnance de Blois de 1579 fit de même pour les mariages et enterrements.

Un nouveau recensement des feux et des paroisses fut fait sous Charles VIII à la fin du 15e siècle.

Sous le règne de Louis XIV, à la fin du 17e siècle, un essai de recensement général fut tenté pour toute la France mais, faute d’instructions suffisantes, les résultats furent de nature et de qualité diverses : certains intendants comptèrent les feux, d’autres les habitants ; certains fournirent des résultats complets, d’autres des résultats partiels. Pour les besoins de la “dîme royale”, Vauban (1633-1707) estima la population du royaume à 19 094 000 habitants au tout début du 18e siècle. Vauban et, près de cent ans plus tard, Turgot (1727-1781) semblent avoir bien perçu les possibilités d’utilisation scientifique des recensements, notamment pour des études économiques et sociales.

Il faut cependant attendre l’année 1801 pour que soit mis en place, par Bonaparte, le premier recensement de l’ère moderne, qui établit la population française d’alors à 33 millions d’habitants. À partir de cette date et jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, un recensement (ou une opération assimilable à un recensement) sera effectué tous les cinq ans. Depuis 1946, les recensements de la population française ont eu lieu à intervalles irréguliers en 1954, 1962, 1968, 1975, 1982, 1990 et 1999. À partir de 2004, le recensement redevient régulier dans le temps grâce à la modernisation des techniques statistiques -(Extrait document Insee)

Années de
recensement en France
1801 1806 1821 1826 1831 1836
1841 1846 1851 1856 1861 1866
1872 1876 1881 1886 1891 1896
1901 1906 1911 1916  1921 1926
1931 1936 1941 1954 1962 1968
1975 1982 1990 1999 2004 2015
  • Le recensement de 1871 a eu lieu en 1872 en raison de la guerre franco-prussienne
  • Le recensement de 1916 n’a pas eu lieu en raison de la guerre 14-18
  • Le recensement de 1941 n’a pas eu lieu en raison de la guerre 39-45
  • Le recensement de 1951 a été reporté en 1954  pour des raisons financières
  • Le recensement de 1956 a été reporté en 1962
  • Le recensement de 1970 a été avancé à 1968
    Le recensement de 1997 a été reporté en 1999 pour des raisons financières
  • A partir de 2004,  mise en place du nouveau recensement : pour les communes de moins de 10 000 habitants, il a lieu tous les cinq ans à raison d’1/5ème par année.

La population de Tréguidel depuis 1793

1793

ANNEE Nombre
d’habitants
Population municipale Population comptée à part Population Totale Répartition Hommes Répartition Femmes
1793
806

1800 à 1899

ANNEE Nombre
d’habitants
Population municipale Population comptée à part Population Totale Répartition Hommes Répartition Femmes
1800
696
1806
695
1821
734
1831
913
1836 871 392  479
1841 747 359 388
1846 836 406  430
1851
851 406  445
1856
855 394  461
1861
889 404  485
1866
910 416  494
1872
927 443  484
1876
946 442  504
1881
907
1886
900
1891
864
1896 831

1900 à 1999

ANNEE Nombre
d’habitants
Population municipale Population comptée à part Population Totale Répartition Hommes Répartition Femmes
1901
810
1906 834
1911
775
1921
701
1926
666
1931
622
1936
578
1946
546
1954
533
1962
525
1968
475
1975
418
1982
402
1990
500 6 506
1999 538 6 544

2000 à 2012

ANNEE Nombre
d’habitants
Population municipale Population comptée à part Population Totale Répartition Hommes Répartition Femmes
2007 645 13 658 319 326
2008 630 18 648 297  333
2009
615 16 631 291  324
2010 600 17 617 284 316
2011 603 16 619 285  318
2012
598 16 614 283  315

Nota : Le système de recensement de la population a évolué dans le temps : parfois il s’agissait de la population résidente, d’autres fois de la population présente. Il a été simplifié depuis 2004.