HISTOIRE

GUERRE 14-18

Partons sur les pas des soldats tréguidelais morts pour la France durant la Grande Guerre.

Du rappel des faits à l’échelle locale, à la lecture de ces portraits d’habitants partis pour une guerre sans retour, il est bon de se rappeler, d’écrire pour figer ces moments et rendre hommage à ces soldats. Nous ne pouvons pas porter le poids du passé mais nous avons le devoir de le connaître, d’en prendre conscience
et  de le respecter.

Découvrez l’histoire de Tréguidel et de ces Tréguidelais durant la Grande Guerre, grâce aux informations que nous avons pu rassembler.

NOS MORTS POUR LA FRANCE (35)
  • Pierre-Marie Le Roux :  22.08.1914 (Belgique) – 31 ans
  • Jean-François Connan : 26.08.1914  (Donchéry -Ardennes) – 30 ans
  • Joseph Guillaume : 10.11.1914 (Belgique) – 21 ans
  • Pierre-Marie Gouarin : 13.11.1914 (Langemarck -Belgique) – 27 ans
  • Théodore Gicquel : 18.11.1914 (en mer) – 41 ans
  • Yves Le Bray : 03.10.1914 (Pas-de-Calais) – 29 ans
  • François Piriou : 28.02.1915 (Marne) – 27 ans
  • François Cabala : 04.04.1915 (Nord) – 36 ans
  • Gilles Rouault : 09.05.1915 (Bailleul) – 24 ans
  • Alexis Drillet : 04.06.1915 (Turquie) – 25 ans
  • Joseph Le Ténou : 07.07.1915 (Pas-de-Calais) 24 ans
  • Jean-Louis Héry : 27.08.1915 Marne) – 27 ans
  • Toussaint Pédron : 08.02.1916 (en mer) – 38 ans
  • François Corbel : 21.03.1916 (Meuse) – 20 ans
  • Augustin Méda : 24.03.1917 (en mer) – 20 ans
  • Jean Drillet : 18.05.1916 (Meuse) – 23 ans
  • Louis Rebour : 04.06.1915 (Pas-de-Calais) – 32 ans
  • Toussaint Caruel :
  • François Méda : 14.09.1916 (Somme) – 25 ans
  • François Jarno : 25.09.1916 (Somme) – 20 ans
  • Edouard Le Touzé : 23.03.1917 (Aisne) – 19 ans
  • Pierre Méda : 16.04.1917 (Marne) – 22 ans
  • Toussaint Cario : 30.04.1917 (Marne) – 29 ans
  • Joseph Gouarin : 04.05.1917 à Vaux Varenne (Marne) – 26 ans
  • Albert Gicquel : 27.10.1917 (Belgique) – 24 ans
  • Louis Méda : 28.10.1917 (Belgique) – 24 ans
  • François Philippe : 07.04.1918 – 23 ans
  • Guillaume Drillet : 16.04.1918 (Somme) – 31 ans
  • Joseph Chevance : 02.06.1915 (Habarcq)
  • François Rebour : 24.04.1915 (en mer) – 44 ans
  • Jean Botrel : 06.08.1918 (Senlis) – 32 ans
  • Léon Harscouet : 13.10.1918 (St Pierre et Miquelon) – 20 ans
  • Ambroise Morin : 06.12.1918 (St Mandier/Mer hôpital)
  • François Corouge :
  • Edouard Minier : décédé en 1921
Livre d’Or des Pensions 

Dès 1914, la qualité de « Mort pour la France » est attribuée aux civils et aux soldats victimes de la Première Guerre mondiale ; ainsi, tout au long du conflit, le ministère de la Guerre tient à jour un fichier de tous les soldats honorés de cette mention qui répondait à des critères précis : seules les personnes décédées entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919, morts sur le champ de bataille ou à cause de dommages directement imputables au conflit, étaient susceptibles de la recevoir.

Par la loi du 25 octobre 1919, « relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre », l’État lance le projet d’un Livre d’or comprenant les noms de tous ces héros anonymes, qui serait déposé au Panthéon. Le ministère des Pensions, nouvellement créé, est chargé d’établir, à partir du fichier existant, la liste des Morts pour la France de chaque commune ; il l’adresse en 1929 aux maires qui la contrôlent et l’amendent. Des correspondances témoignent souvent de ces échanges entre les deux parties. Toutefois, les décalages entre les noms figurant sur les monuments aux morts et ceux des Livres d’or proviennent du fait que la liste du ministère est établie en 1929 alors que les monuments aux morts ont presque tous été érigés entre 1920 et 1925. En 1935, la présentation matérielle du futur Livre d’or est fixée : 120 volumes devaient être imprimés en plusieurs exemplaires, dont un serait déposé au Panthéon. Les contraintes budgétaires, puis le début de la Seconde Guerre mondiale, mirent fin au projet, en laissant subsister la documentation préparatoire.

Les Archives nationales conservent ainsi pour chaque commune française, la liste des soldats Morts pour la France, classée par ordre alphabétique des départements puis des localités. Ces listes nominatives communales permettent de connaître les nom et prénom de chaque personne, ainsi que la date et le lieu de son décès. Le lieu de sépulture, en revanche, n’est pas indiqué, pas plus que l’unité à laquelle le soldat était rattaché. En principe, les personnes mentionnées sont celles qui sont nées ou résidaient dans la commune au moment de la mobilisation, mais un flou a longtemps subsisté sur cette question ; c’est ce qui explique, pour une part, les divergences entre les listes communales de Morts pour la France et les noms portés sur les monuments aux morts.
Extrait Archives Nationales – Fonds du Ministère des Pensions : Livre d’Or des Morts pour la France – Département des Côtes-du-Nord

Publié avec l’autorisation des Archives Nationales

Plus jamais la guerre

“Mes camarades, mes camarades !… Il faut avoir senti à la poussée du parapet contre l’épaule, la brutalité effrayante d’un percutant qui éclate : avoir entendu pendant des heures, du fond de l’ombre, en reconnaissant toutes leurs voix, monter les gémissements des blessés : avoir tenu contre soi un garçon de vingt ans, la minute d’avant sain et fort, qu’une balle à la pointe du coeur n’a pas tué tout à fait sur le coup et qui meurt, conscient, sans une plainte, les yeux ouverts et le visage paisible, mais de lentes larmes roulant sur ses joues.” – Maurice Genevoix (discours Butte Chalmont – juillet 1968).

“Mais quelqu’un est venu qui m’a enlevé à tous ces plaisirs d’enfant paisible. Quelqu’un a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel penché sur le repas du soir. Quelqu’un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille heureuse, à la nuit, lorsque mon père avait accroché les volets de bois aux portes vitrées.” – Alain Fournier (Le Grand Meaulnes).

“Quand ils entrent dans la bataille, ils ont la face grave et triste, celle qui trahit à la fois la fatigue et la résignation tragique au destin qui marche à grand pas. Au retour, on dirait des loups déchirés. Ils passent courbés de misère, la gueule livide et terrible, suant le désespoir en grumeaux de terre et de sang, regardant d’un oeil farouche quiconque n’est pas comme eux, sordides, sentant la bête – et ils sont comme cela en Europe vingt millions de crucifiés montant, sous la pluie de fer enflammé, leur calvaire de trente mois…” – Elie Faure (La Sainte Face).