HISTOIRE

Femmes et Hommes dans l’histoire de Tréguidel

Emile de Massa, surnommé Monsieur Vipère
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Croyances et médecines populaires

Au début du XXe siècle, et dans les siècles précédents, une grande partie de la population n’a pas encore accès aux soins pour des raisons pécuniaires mais aussi culturelles : les médecins n’appartiennent pas à la communauté rurale, ils habitent en ville et ne parlent pas breton ou gallo d’où le recours à d’autres pratiques médicinales : rebouteux, guérisseurs, saints bretons aux pouvoirs thaumaturges…

Les croyances populaires n’ont plus autant d’importance aujourd’hui. La pénétration culturelle de la médecine a fait évolué les pratiques médicinales qui perdurent encore, comme un trait d’union entre l’affectif et le culturel, le symbolique et le physique, le végétal et le mental…

Emile de Massa est l’un d’entre eux

Guérisseur, magnétiseur, chasseur de vipères, Emile de Massa était installé à Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic.

Il vendait son onguent sur les marchés des Côtes d’Armor et du Finistère et il avait l’habitude de venir à Tréguidel, où il tenait boutique au café  tenu à l’époque par Lucien Ballouard.

Il est décédé en 1976, à l’âge de 74 ans, emportant avec lui la formule de son remède contre les morsures de vipères. Sa photo trôna longtemps sur les murs du bar Chez JF jusqu’à sa récente fermeture, en 2018.

Il avait précédemment officié à Nogent-le-Roi. Voici le témoignage de Roger Tempête (blog  Chez Jeannette Fleurs ):

“Je l’ai connu mais de Massa n’est pas son vrai nom, il s’appelait Massabuau. Vous noterez que sur sa carte, il est inscrit au RCS de Roanne. Si vous allez sur Infogreffe, vous trouverez un Massabuau (toujours) inscrit au RCS de Saint-Brieuc en 1971 comme marchand de marché avec une adresse à Lantic. Il existe aussi une fiche Geneanet d’un Emile Massabuau né à Saint-Geniez (Aveyron) en 1901 et mort à Saint-Brieuc en 1976.”

EXTRAIT VIDEO

Extrait d’une vidéo prise par un anonyme sur le marché de St Quay Portrieux, en 1964  :

La vipère et les croyances populaires

Dans notre civilisation occidentale, les reptiles sont les plus mal-aimés contrairement aux autres civilisations où ils sont vénérés.

Chez les Grecs, le serpent symbolisait la sagesse et la longévité. On élevait des serpents dans les maisons pour chasser les rats et les souris. En échange de leurs bienfaits, on leur offrait du lait alors qu’ils n’en boivent pas !

Chez les Romains, on retrouve le même culte des serpents, mais Asclépios (dieu de la médecine en grec – le serpent Asclépios s’enroulant autour d’un bâton, caducée des médecins), est devenu Esculape (en latin).
On élevait des serpents dans les maisons, on les transportait partout dans des poteries, et en cas de maladie, on interrogeait les serpents pour connaître les remèdes, d’où le nom de la Couleuvre d’Esculape.

Chez les Celtes, le serpent était un auxiliaire du dieu Cernunos. C’était le symbole de la fertilité et de la régénération, en liaison avec le monde souterrain et le Printemps, sans doute à cause de son hibernation et de ses mues spectaculaires.

La Vipérine

Les couleuvres sont appelées “naer-vro” et les vipères “naer-wiber”en breton.  En gallo, “caleuvr” et “vlin” (déformation de venin) ce qui désigne à peu près tous les reptiles.
L’un des remèdes les plus anciens est la Thériaque d’Andromacus, médecin de l’empereur Néron, au 1er siècle avant J.-C. Cette véritable potion magique à base de Vipère, qui a subi des quantités de variantes à travers les âges, était une panacée universelle contre tous les maux et entre autres contre les morsures de vipères. Surnommée également vipérine, elle n’a jamais fait ses preuves et pourtant elle n’a été supprimée du codex des médecins français qu’en 1908.
Des bouteilles d’alcool à 50°, dans lesquelles on a introduit une vipère vivante (ce qui est interdit depuis 1979) qui y a craché son venin, circulent encore sous le manteau en Bretagne chez certains guérisseurs.

Extrait d’un article rédigé par Daniel Giraudon
(cliquer sur l’image pour l’agrandir
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Pour aller plus loin

Je complète cet article par une synthèse très intéressante rédigée par Daniel Giraudon, parue dans la revue Ar Men,  sur les croyances autour de la vipère dans le Trégor
(cliquer en haut à droite du document pour l’agrandir).

Le Serpent en Trégor - article de Daniel Giraudon publié dans la revue Ar Men 1ère partie

Le Serpent en Trégor - article de Daniel Giraudon publié dans la revue Ar Men 2ème partie

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